Mais quelle mouche a donc piqué nos législateurs en matière de loi de finances? En tout cas, ce n'est certes pas une Tsé Tsé, vu tout ce qu'ils ont pondu comme nouvelles taxes par souci de préservation des équilibres macro économiques. Et le consommateur bordel! Ce n'est pas le FMI qui va s'en préoccuper, ni l'OMC, ni même nos parlementaires qui n'ont pas bougé le petit doigt et ont voté en leur âme et conscience!
Tout a commencé il ya quelques semaines avec la divulgation (présentation au parlement oblige) des nouvelles dispositions en matière de fiscalité pour le cru 2006. On a décidé que les produits de première nécessité comme le beurre, le sucre, l'huile, le café ou encore l'eau passerait à une TVA unifiée de 20%, alors que certains étaient, jusqu'à présent soumis au taux de 7%, voire exonérés de TVA. Ensuite, et vu qu'il n'y a presque rien à privatiser, ni a gratter à la source en matière d'IGR, on a du user d'inventivité pour trouver des niches à taxer. Alors, au lieu d'instaurer un impôt sur la fortune, qui aurait allégé certains d'une surcharge pondérale appelée thésaurisation, on a du pencher pour une taxe supplémentaire sur l'infortune, du coup, on a pris le libre arbitre de "tirer sur tout ce qui bouge" (dixit Aujourd'hui le maroc). Et comme un malheur n'arrive jamais seul, les artistes peintres devront dorénavant trinquer, si par malheur ils sont obligés de faire appel à une galerie appartenant à l'état pour exposer leur état d'âme! Et Monsieur Achaâri, notre ministre de la culture trouve cela de bonne guerre, Selon lui, cette décision concerne uniquement ceux qui veulent vendre : «C’est tout à fait normal, puisque le ministère offre des services, ils ne peuvent pas faire un commerce sans payer quelque chose en contrepartie». Mohamed Achaâri affirme que cette décision est tout à fait justifiée. Un avis que les artistes sont loin de partager. Connaissez-vous des artistes qui exposent pour l'amour de l'art et n'attendent rien d'autre que de voir s'extasier les officiels et autres visiteurs du dimanche sur leurs toiles, sans intention d'en acheter? Et de quoi vivront-ils sinon de leur art? Arrêtez de nous bassiner avec cette langue de bois qui ne fait que conforter l'opinion que la majorité des marocains ont sur leurs gouvernement. Vient ensuite la bourse qui a connu depuis 2000 une certaine paix fiscale et qui lui a valu de renaître de ses cendres. Voilà qu'on a décidé maintenant qu'à partir du 1er janvier 2006, plus d'abattements fiscaux sur les plus values réalisées sur la cession des actions en bourse. En clair, que vous soyez "zinzins" (investisseurs institutionnels), entreprises cotées ou simples boursicoteurs du dimanche, vous devrez passer à la caisse à chaque transaction. Une belle initiative au moment où la bourse commençait à peine à reprendre des couleurs avec l'arrivée de grandes entreprises comme "Maroc Télécom" ou la "Lydec", et regagner la confiance des investisseurs. Drôle de péréquation que celle de vouloir à tout prix préserver les équilibres macro économiques en puisant dans les poches des moins favorisés économiquement. Et après cela on se plaint que le pouvoir d'achat ne décolle pas et que l'informel supplante et de loin l'économie dite formelle! Mon œil! Et comme une taxe peut en cacher une autre, on s'attaque également à une niche exotique en la personne des serveurs de cafés. En clair! Tout pourboire perçu par ces pauvres bougres devra faire l'objet d'une retenue par le patron au profit du fisc! J'en reviens pas! C'est probablement une nouvelle trouvaille du département des finances pour pouvoir financer de nouvelles galeries d'exposition pour taxer les artistes! Et que disent nos élus parlementaires qui sont sensés nous représenter au sein de l'hémicycle et défendre nos intérêts, vu que nous les avons élu pour cela? Et bien, ils applaudissent et votent à la majorité ces nouvelles dispositions de la loi de finances 2006, sans déposer ni motion, ni même une petite résistance juste pour la forme! Il est vrai, que parmi eux, il n'y a ni financiers, ni serveurs de café, ni artistes, et que, grosso modo, ces dispositions ne les touchent pas directement. Alors où est le mal?
Rafie...après le métro, c'est grand taxé!
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