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16 septembre 2010

Détournement de majeure


Légère est la brise qui balaie ma conscience. violente est la vague qui charrie mon insouciance. Je vogue, ne m'en déplaise, sur les oscillations de nos désirs. Je tremble… j'exhale, je n'ai pas envie de partir. Car, je gémis déjà de plaisir. Et toi, telle un présent, tu t’invites à répandre ce délire.

Les courbes de ton corps me font tremplin. M'engageant à accomplir mon dessein. Je succombe alors, et plonge en perspective... Serein, j'explore le galbe de tes reins pour finir dans les dédales d’un mont divin… Tel est mon destin !

Enivré, car, abreuvé de ces effluves irrésistibles, j’ondule tel un métronome, au rythme de tes pulsations. Mes sens vibrent, mon moi tremble, mon tout flambe. Je suis apaisé, mais en redemande déjà.  

Maintenant, je suis repu, le temps d'une autre tempête,
Imminente, celle là, car ma flamme ne saurait s’éteindre… Et vogue le na…vire !

Rafie… Explo…orateur !

31 juillet 2010

Excès Privé

A défaut de baptême de feu, j’ai assisté à un baptême de fous aujourd’hui! Je n’en reviens pas! On dirait que la sauce qui accompagnait les mets, narguait ces papilles assoiffées! Tout le monde était face au mouton comme, une proie à digérer! Et les autres, tiens ! Payés, pour servir de l'Oulmes de circonstance, trouvaient ça normal. On se serait crus dans une foire, aux questions: « et il a les moyens de payer ça? ».
Dans le même registre, pendant qu’un convive, se curait le (s) 2 dent (s), il en a rajouté une couche, genre :
« Il fait bon vivre à Marrakech, quand on peut s’offrir un brumisateur, pour le mois d’Aout ! »
De grâce, Gad, si tu décides de reprendre cette vanne, n’oublies pas…. ‘’Mais alors, surtout pas !’’, de citer ceux, qui souhaiteraient s’approprier ces propos. Pour ma part, j’ai décidé de mettre dans le domaine public, toutes mes commissions ! Y compris, celles que j’ai dû lâcher avant !
Rafie… Poète, poète!

3 décembre 2008

Auto promo!

Si je ne suis pas là, c'est que je suis ici! Et votre avis m'intéresse beaucoup.

3 juillet 2008

Taire...giversations !

Je suis seul, dans mon linceul,
Le corps vêtu, le cœur tout nu

Je suis pâle comme une opale
L’éclat en moins, t’aimer est vain

Je suis blanc, sur ton gros plan
Ton flash sévit, moi, je subi !

Je suis noir, de désespoir
Mais je garde espoir, même dans ce noir

Je suis rouge, quand rien ne bouge
Je fais semblant, tout en tremblant

Je suis bleu sans que je m’émeu
Pas un requin, juste un pèlerin

Je suis vert, jamais pervers
produit très bio, j’enduis ta peau

Je suis tout rose, pas dans ma prose
Comme une crevette, Moi, j’interprète !

Je vire au rouge, car rien ne bouge
Ton feu me grise, dans l’entremise !

Je reviendrai, à ce qu’il paraît
Sans foi cette fois, mais je serais là !

Rafie…Fuis-moi, je te suis…Suis moi…!

29 mai 2008

Emphase

Je suis phénix, j’ai brulé mes ailes, incendié mes rêves, fais coulé ma sève, muselé ma verve, sans jamais avoir connu de trêve! Je suis mort ! Calciné, réduit en cendres, embaumé, pour la forme, mis en bière pour la norme…mais jamais inhumé !
Tu es venue un soir de printemps, l’hiver venait de rendre sa parure à son hôte. Moi, je continuais à m’observer, amorphe comme une pitance dévorée par le temps ! Ah…ce prédateur !
Tu t’es baissée et de ta main frêle, tu as touché mes cendres, encore souillées par ce feu qui croyait m’éteindre à jamais !
La chaleur de ton corps a suffit à raviver chez un phénix, ce qui ne meurt jamais… Sa conscience !
Les battements de ton cœur, le souffle de ton âme et l’énergie que tu clames. Tes soupirs et tes complaintes, ton sourire et tes craintes. Ton regard apaisant et ton discours engageant. Tes colères sans mesure et ton aplomb sur mesure….
Que de re…sources, à faire renaître un phénix de ses cendres ! Je ne sais plus à quel sein me vouer, je croîs, et me vois déjà les ailes repousser. Pourvu que tu prennes la tangente, car vouloir me lisser comme une courbe, je me braque !


Rafie… Reviendu de loin !

19 octobre 2007

Chinoiseries



Vers minuit la veille*, un petit mail, histoire de recadrer:

"http://rafie-shaki.blogspot.com/
Voilà, je me déshabille pour toi! ;)
Le feras-tu demain pour moi?
Moi, j'ai envie de toi! Et toi?"

Réponse par texto vers 11h53:
"Hello ce soir pas possible t appelle plus tard. Gross biz"

J'avais bien compris que la première des choses qu'elle fait en arrivant au bureau vers les 06h00 du matin, c'est de consulter ses MAILs et de répondre au plus urgent! Du moins, c'est ce qu'elle m'avait confirmé la veille.

A 12h00 moins quelques minutes, cette histoire allait tourner au " majong"!
Heureusement, que des aléas, style "je suis indispo" auraient suffis à calmer l'ardeur… d'un mec! Tout court! Encore faut-il parler un autre langage que celui des dominos! Mais pourquoi chercher midi à quatorze heure moins le quart?

Le " majong", c'est une histoire de patience, un texto suffit! Et tout est dépeuplé, ma couche y compris!

* je précise, que tout était sous entendu!

Rafie… Jeu présume!

P.S. Merci de m'avoir planté! Mauvaise graine, Và!

Sans titre!

Il y a un titre qui me taquine depuis des semaines et que je voulais utiliser comme accroche pour un billet, en prose ou à cause d'une surdose! Sauf que comme je suis plus porté sur le bavardage que sur le titrage, le contenu de ce titre ne vient pas!

La première fois, l'idée m'est venue, après avoir vécu, une expérience sentimentale avec une femme engagée, ou du moins vouée, sans être réellement dévouée! A l'époque, je précise, des fois qu'elle me lise et pense que je culpabilise. Mais j'avais peur que la consonance du titre ne prenne des tournures purement charnelles. J'avais commis un croquis de cette ébauche, mais je me suis ravisé, dans la perspective d'en faire un billet.
Quelques semaines après, Ramadan aidant, j'en ai fait un cheval de batail. La monture ne fut qu'épopée, et ma muse une volonté. Je suis arrivé à convaincre sans séduire et vice et versa!

En fait,
La raison aurait voulu que je l'associe à une actualité politique, qui m'aurait value plus que des commentaires! Des critiques.
Je me tâte toujours! Les neurones des fois que…

C'est grave Docteur?

Rafie… Détournement de Majeure!

16 octobre 2007

Le Lycée de mon Père



7h du matin. Réglé comme une horloge de maître, le même rituel qui dure depuis la maternelle et qui durera jusqu'au dernier jour des examens du bac. Dans son costume gris foncé, porté avec une chemise claire et une cravate sans motifs, des souliers impeccables comme le reste. Il frappait à la porte de ma chambre pour me réveiller et me préparer pour l'école. Comme tous les matins, je n'avais pas encore terminé mon rêve, ou du moins, me semblais-t-il, alors je lui répondais et aussitôt essayais de me renvoyer là où je m'étais arrêté avant d'oublier le reste. Lui, il a appris avec le temps, et revenait à la charge, quelques minutes après, pour m'arracher du lit, et par conséquent à mon rêve. Si je suis relativement ponctuel aujourd'hui dans mes rendez-vous, c'est beaucoup grâce à lui. Il avait la responsabilité d'être présent à l'ouverture de son établissement après nous avoir déposés à l'école, mon frère et moi.
Le jour le plus béni pour moi, était quand Maman, pour une raison ou pour une autre, ne préparait pas le petit déjeuner, ou quand nous avions le crédit de pouvoir demander cela à Papa et l'obtenir. Ce matin là, il nous déposait non pas devant l'école, mais à quelques mètres de là, devant le vendeur de beignets (Ch'fenj). Tout un rituel, et ce qui me fascinais le plus, c'était l'aisance avec laquelle le maître ch'fenji prenait délicatement la pâte, la malaxait avec un mouvement pittoresque d'une main, pendant que l'autre retournait avec une pince mon beignet dans la poêle! Ensuite, la même main qui tient la pince détachait une boule de la préparation, et en un tour de magie, la transformait en un anneau on dirait une mini bouée, qu'il déposait délicatement dans l'huile bouillante, comme s'il ne voulait pas la froisser. Le jour où j'avais deux pièces de 20 cts, je pêchais par gourmandise et en prenais deux. Pendant ce temps, Mon père se rendait à son lycée, à l'autre bout de la ville comme tous les jours, à l'heure, et comme tous les jours, depuis toujours.
Il n'avait pas choisi le métier de proviseur. Ses études à l'Université Al Karaouyines, et son érudition naturelle le destinaient à une carrière dans la magistrature. C'est ce qu'il souhaitait en tous cas.
A l'époque, il n'existait pas encore dans notre pays d'université qui préparait à cette fonction en arabe. Il lui restait alors la possibilité de partir au moyen orient. Mais, par manque de moyens, il a finit par accepter un poste d'intérimaire au lycée EL Mers à Meknès. Poste qu'il a occupé par ailleurs, pendant des années après.
La première fois que je me suis rendu à son travail, c'était par accident. Un oncle à moi, qui était prêt à accomplir n'importe quel bonne action, pourvu qu'on lui donne une voiture pour la conduire, devait m'emmener chez le dentiste, puis me ramener, moi à la maison, puis la voiture à mon père. Il était presque tard; mon oncle a décidé alors de m'emmener moi et la voiture à mon père. Arrivés au lycée, il me laisse dans la coccinelle et rentre le voir dans son bureau. Quelques minutes plus tard, j'aperçois papa qui s'avance vers la voiture et me demande de descendre. Ce que j'ai fait aussitôt. Il me prend par la main et me guide vers son bureau. C'était une vaste pièce avec un plafond aussi haut que le firmament, et des murs peints en bleu ciel, qui n'en finissaient pas de monter. En face, un tapis R'bati, usé par les exposés des profs et des étudiants préfigurait, avec deux chaises en sky noir, une table de travail en bois massif sur laquelle étaient posés quelques babioles bien ordonnées et un téléphone qui ressemblait à un massicot, tellement il était massif. Il s'est assis alors derrière, m'a regardé et m'a demandé de m'asseoir. Aussitôt posé sur la chaise, j'ai levé mes yeux vers lui pour apercevoir trônant sur sa tête, le portrait du souverain Hassan II à l'époque, et juste à sa droite, celui de Mohamed V, tous les deux en noir et blanc. Il m'a regardé de derrière ses lunettes style années 50 et m'a tendu un stylo et quelques feuilles en m'exhortant de m'occuper, jusqu'à ce qu'il ait finit son travail, comme s'il avait deviné ma vocation. Mon oncle lui, avait disparu, il avait compris. Mon père ne semblait pas gêné que je sois là, sauf qu'il n'avait pas l'habitude. Ce qui était tout à fait légitime. Mais en même temps, chaque fois qu'un de ses collaborateurs entrait, après avoir frappé à la porte, sur laquelle il y avait marqué, ah, j'avais oublié, Le Directeur! Mon père, s'empressait de me présenter à lui, avec enthousiasme, comme son fils ainé.

Quand il a été muté à Tétouan, une envie de turnover pour lui, et qu'il nous a installés dans sa maison de fonction qui se trouvait dans l'enceinte du lycée, il n'avait plus le choix que de nous avoir entre ses pattes. A tel point, qu'avant la fin de la première année scolaire, on faisait partie des meubles.
Le lycée Cadi Ayyad à Tétouan était à lui seul un univers à part, chargé d'histoire et de mystères. D'abords, il y avait le gardien "sidi Mohamed", un quinquagénaire, pure produit du nord avec des traits andalous et son tarbouche rouge. Il était petit de taille et bien potelé, mais respecté et craint, aussi bien des étudiants que du personnel du lycée. Il faisait lui aussi partie des vestiges, il habitait avec sa famille l'autre aile de l'établissement dont il connaissait le moindre centimètre carré. IL avait toujours dans sa poche un sachet en plastique transparent, une sorte de bourse, remplie de pièces de monnaie et jurait par tous les dieux, qu'à chaque matin au réveil, il trouvait son sachet rempli de pièces alors qu'il l'avait vidé lui-même la veille. IL était tellement persuasif, que nous avons fini par le croire, mon frère, les enfants du surveillant général et moi. Le plus âgé d'entre nous avait 11 ans, mais avions nous le choix? Ce qui ajoutait du crédit à ce qu'il racontait; car il nous parlait souvent d'esprits aussi; c'était l'immensité de l'établissement et son état de délabrement qu'aucune doléance à l'administration centrale n'avait trouvé écho. Il y avait également son terrain de foot aux normes professionnelles mais sans gazon ni gradins, sa piscine olympique qui terminait l'allée principale bordés de sapins devenus anorexiques, qui se lézardait à vue d'œil, et constituait un danger pour les riverains la nuit. Les laboratoires et salles de TP dans l'aile gauche ressemblaient à des salles de cours pour épouvantails avec le mobilier qui va avec.
Mais le plus triste dans cette histoire, et je ne vous raconte pas les épaves des voitures dans lesquelles nous avons fait nos premier tours de volant et reçus nos premières morsures de bestioles; le plus triste était l'état dans lequel se trouvait le théâtre du lycée Cadi Ayyad. Un bijou d'architecture construit en 1940 et laissé à l'abandon dès la fin des années 60.
Je m'imagine des fois, du temps où cette institution était fréquentée par les espagnoles, même si je ne l'ai pas vécu. Le soir d'une représentation ou d'une projection, le marbre qui tapissait les deux halls du rez-de-chaussée et du premier étage devait briller comme un miroir et les cuivres astiqués renvoyer la lumière des lustres impériaux qui pendaient d'un plafond magistral, immaculé et garni de sculptures sur plâtre. La salle était sur deux niveaux avec une scène généreuse sur laquelle devaient pendre des rideaux immenses d'un rouge carmin, brodés de dentelles dorées, et qui devaient attendre les trois coups avant de se dérober. Les tapisseries au mur et la voûte de la salle devaient raconter des épopées lointaines de guerriers partis à la conquête de nouveaux mondes. Quelle fresque ce devait être!

De tout ce spectacle, il ne restait plus que des débris de plâtre dont a eu raison l'humidité, des sièges, quand ils ne sont pas recouverts par une épaisse couche de poussière, exposaient leurs ressorts déglingués comme s'ils vomissaient leurs tripes. Des rideaux en lambeaux qui tenaient encore par miracle et une salle de projection tournée vers le passé avec des machines pour qui le temps s'était arrêté de tourner.
Quel gâchis! Un génocide artistique devant lequel je passais au moins deux fois par jour pendant 2 ans, car nous habitions au dessus. Imaginez la frustration.
Mon père a fini par rentrer à Meknès, et nous avec, car personne ne se préoccupait de redonner ses lettres de noblesses à ce monument. Les gens devaient avoir plus urgent à gérer. C'est ce que je m'étais dit à l'époque. Mais lui, il préféré, à son grand regret, troquer cette épave pour laquelle il n'entrevoyait plus aucun espoir, contre un bunker, en guise de nouvel établissement. En ce temps là, avec l'argent de bienfaiteurs comme la "BIRD", les architectes formés au carré s'en donnaient à cœur joie à tracer des lignes et des colonnes en trois dimensions pour former des classes, puis un lycée. Les courbes et expressions artistiques ne devaient pas faire partie de leur cursus. Mais sont-ils à blâmer?

Maintenant je me pose la question: "Et si mon père n'avait pas accepté de remplacer un proviseur appelé pour d'autres fonctions à Rabat, il n'aurait peut-être jamais rencontré cette jeune étudiante dans son lycée, qu'il allait épouser quelques mois plus tard et qui allait devenir Maman".

Mais ça c'est une autre histoire que je vous raconterais un jour, s'il me reste encore du papier que m'a donné mon père, la première fois que j'ai visité son lycée.

Rafie… conte à rebours!

15 octobre 2007

Altruisme


Dessin par PHIlippe GELLUCK

Il était 17h00 quand j'ai reçu un appel "masqué" sur mon portable. D'habitude, je ne réponds jamais quand le numéro du correspondant n'apparait pas. Mais ce jour là, je ne sais pas pourquoi, sans hésiter, j'ai décroché le téléphone, pour entendre la voix d'un inconnu. Il se disait le fleuriste du marché et me demande, si j'étais bien le mec qu'il pensait que, je suis. Je lui ai répondu qu'effectivement, c'était moi! Il me demande alors de passer le voir dès que je le pouvais. Un long biiip, s'en suivit, puis la communication a coupé. J'ai compris qu'il appelait d'une cabine.
Je suis aussitôt sorti du bureau, j'ai pris ma voiture et je me suis rendu au marché, sans me poser de question. Arrivé sur place, je l'aperçois au milieu de ses bouquets "prêt-à-apporter" et je m'empresse de lui demander de quoi il s'agissait au juste. Comme voulant faire durer le suspens, il me prend par la main et me traîne avec lui jusqu'à un coin où se trouve un carton fermé et me dit: "Je ne savais pas quoi en faire et je ne veux pas qu'on lui fasse du mal. Il se saisi du carton, l'ouvre et me présente un petit corps frileux qui étouffait de chaleur en ce début d'été. Mais paradoxalement, on dirait que rien ne pouvait l'atteindre, tellement il était immobile et désintéressé par son environnement. Il me raconte alors son aventure et comment cette petite et frêle créature a été arrachée à sa mère, avant même d'être sevrée. Une dame "Dial hadouk choufouni", bardée de bijoux l'avait abandonnée en début d'après midi à l'entrée du marché d'après lui. Il me fixe alors dans le blanc des yeux et me dit: "Alors tu la prends avec toi? Et moi de répondre sans réfléchir: "Euhhh! Oui, pourquoi pas!
Je ne suis pas retourné au bureau, ce jour là. Et depuis "Lilly" vit avec moi, partage mes repas, mes babouches qu'elle lacère dès que je les enlève et surtout mon canapé que j'ai de plus en plus de mal à l'en extirper. Aujourd'hui elle a 5 mois et bientôt, elle fera tourner la tête des matous du quartier.

Merci Lilly pour ta générosité quand tu ronronnes, pour ton innocence quand tu fais une bêtise, pour ta spontanéité quand je te gronde, pour tes jeux qui m'amusent, pour ta grâce quand tu déambules et surtout, merci de m'accepter comme être humain de compagnie.
Et comme a dit si bien kb "bienvenue par minou"

Rafie… félin pour l'autre!

26 novembre 2005

Le Bazar de mon Grand-père



En me réveillant ce matin, j'aperçois ma fille devant son PC en train d'écouter la dernière chanson de son "manga" préféré, qu'elle vient de télécharger, heureuse et épanouie par la magie du net et de la télévision par satellite, elle exulte. Moi, encore dans les "vapes " après une soirée arrosée modérément, mais je suis fatigué, car je n'ai plus vingt ans. Je m'habille et sors pour un rendez-vous prévu dans une demi-heure. Arrivé au café, je me plonge dans un magazine, en attendant El Hadi, un copain, mais aussi un grand professionnel dans la finance, avec un carnet d'adresses que même le dernier cri des téléphones portables ne pourrait contenir.


Bref ! Je devais, entre autres, lui demander conseil pour aider mon petit frère à s'en sortir avec une banque très populaire qui lui réclamait, le triple du montant qu'il lui avait emprunté pour terminer ses études (intérêts compris, ça va de soi!). Pour infos, la mensualité des remboursements qu'il aurait à faire pendant neuf ans dépasse la moitié de son salaire de jeune arrivé dans la vie active. Alors, Adieu voiture, appart décent et plans d'épargne au cas où une fille lui tournerait la tête! Je voulais juste savoir s'il y avait moyen de négocier quelque chose avec la banque pour lui éviter l'étouffement prématuré et le regret d'avoir voulu faire des études supérieures pour se retrouver au bout du compte, à travailler dans une banque pour rembourser l'autre. En même temps, je me dis que moi, comme ceux de ma génération, on est passés "f'ddou". Il est déjà 12h30 et mon copain n'est pas encore arrivé, je suis déjà à mon deuxième café, mais je ne m'impatiente pas. On est samedi, un des rares week-ends où je ne travaille pas, alors cool Raoul, rien ne presse! Dehors, il fait gris, et la pluie semble accorder une petite trêve aux piétons qui commencent à émerger de leurs abris de fortune pour vaquer à leurs occupations, en attendant une autre averse. Et moi, je repense à cet instant intense, revoyant ma fille définitivement connectée. Puis ayant fini de lire une interview surréaliste de Yassine ZIZI avec le comédien abdellah DIDANE que je vous recommande chaudement, mes pensées ont fait un bond en arrière de 30 ans, du temps où même pour avoir le téléphone à la maison il fallait être pistonné, du temps où la meilleure manière de rester connecté était de rejoindre mon grand-père dans son Bazar l'après-midi du vendredi, pour écouter les discussions entre lui et ses amis venus le rejoindre à ce rendez-vous hebdomadaire, institué par lui depuis des années, ils commentaient ensemble l'actualité de la médina et se risquaient à débattre de sujets plus généralistes, en essayant de refaire le monde à leur manière. L'ambiance était solennelle dans une grande maison convertie en Bazar pour épater les touristes en quête d'un Kilim rare ou d'un pur Tapis R'bati. Lui s'était approprié une des pièces qui donnaient sur une magnifique fontaine au milieu de l'esplanade principale de la maison. C'était son bureau, soin coin de sieste et sa salle de réception. Il laissait ses convives en plein débat d'idées pour aller voir des clients qui venaient de rentrer avec leur guide, et s'assurer que celui-ci est, non seulement un officiel, mais qu'il est honnête! Et dans un français impeccable, il leur taillait la bavette, leur racontait l'histoire séculaire du Palais AL MANSOUR (c'est comme ça qu'il avait baptisé son Bazar, en référence à l'une des plus célèbres portes de la ville qu'avait construites le Roi Moulay ISMAÏL). Puis, avec une aisance déconcertante, il leur brossait le CV du tapis, de la porte antique ou du pouf authentique, sans jamais parler argent, à tel point qu'à la fin, payer leur nouvelle acquisition n'était plus qu'une formalité. Et le plus important pour ces touristes, était désormais de pouvoir raconter l'épopée de cet objet à leurs proches, une fois qu'il aura pris place dans leur salon. Et moi je restais tétanisé, subjugué et à la fois fier de la prestation de mon grand-père, car au moment où ces touristes sont rentrés dans son Bazar, ils n'avaient, a priori, aucune envie d'acheter un objet de valeur, mais de simples babioles en souvenir de leur périple au Maroc. Et comment vont-ils faire pour transporter un objet aussi volumineux, eux qui sont venus à quatre en R16, ou en bus? Qu'à cela ne tienne! "Laissez-moi votre adresse" leur disait-il, "et je vous expédie cela chez vous, sous quinzaine. D'ailleurs, regardez tous ces colis, ils partent pour Marseille demain matin". Et voilà! Le deal était conclu et les touristes étaient heureux d'être aussi bien servis. Mais ils ne repartiront pas avant d'avoir siroté un verre de thé préparé par ma Grand-mère, Lalla Tam, accompagné de cornes de gazelles juste arrivées du "Ferrane". Une fois les clients partis, Haj ALAMI, c'est comme ça qu'on l'appelait, revenait à ses amis qui ne s'étaient même pas aperçus de son absence, tellement ils étaient absorbés par leur débat. Et ça repartait autour d'un énième verre de thé et un autre thème, en attendant l'arrivée d'un autre client ou d'un groupe de touristes. Tiens il est déjà 13h00, et mon copain, n'est pas encore venu, il n'a même pas appelé pour s'excuser. Pourtant, ce n'était pas son genre de planter les gens, alors je me décide de lui passer un coup de fil avant de me lever. IL avait une excuse, il a raté son avion qui devait le ramener de Beyrouth, où il était en déplacement depuis quelques jours, alors on a remis cela à lundi matin dans son bureau cette fois-ci.


Pour ma part, je n'ai eu aucun regret, cette attente m'a permis de replonger dans mon enfance et de revivre ces instants magiques aux côtés de mon Grand-père, que Dieu ait son âme. D'ailleurs et si, l'occasion m'est donnée, je vous raconterai, volontiers, quelques anecdotes de cette période de mon enfance, les réunions hebdomadaires familiales entre hommes, celles entre femmes, le rituel annuel de préparation du "khlii", celui de la distillation de l'eau de rose et d'oranger, ou encore la cérémonie de retour du "Haj". Bref! Que des moments de pur bonheur!


Bon week-end!


Rafie…Heureux!

24 novembre 2005

Le chant du désert

"Voici un texte en prose inspiré d'un post qu'avait publié kb en juillet dernier, vous trouverez le texte original ici: Le chant du Muezzin
Merci kb pour tes posts, tu nous manques déjà. Reviens-nous vite!"

C’est le jour que le soleil se repaît d'une morsure granitique à trancher le flanc d'un erg. La faim de l'ogre n’est rien au plaisir qui gémit en silence, lorsque les portes du désert ouvrent l’infini du regard où s’échappent tous les secrets. Quelle ligne de dune mène vers demain ? Un souvenir d’enfance ou une blessure d’Eve ? Étouffante d’instants éphémères jetés en pitance à l’insaisissable de la folie.
C’est le jour que se parent les chimères de toutes les peurs pour la procession frénétique des élans de nos délires, à vibrer la membrane fragile du désespoir des hommes. Le soleil n’est qu’un leurre qui occupe le temps à décompter nos instants.
C’est le jour que les âmes, encore emprisonnées dans un corps en offrande à Hadès, se meurent à la mémoire qu’ils farfouillent de leurs doigts d’ivraie à la recherche des miettes de nos essences vraies. La vie n’est qu’un leurre. Au chevet du grabataire, le jour au visage immaculé conte la douleur.
C’est le jour qui détale au rythme de l'Amzad*, un mirage improvisant de belles arabesques à la gloire d'une femme, éparpillant nos rêves à l'emprise du zénith lorsque l’espoir s'en va. La lune est un leurre car le jour n’est pas loin. Caché sous les pierres, il reviendra demain. Mais, serais-tu là encore demain?

Rafie…apprenti!

*Instrument favori des femmes Touarègues, il s'appelle Imzad au nord et Amzad au sud.

11 août 2005

Vague à l'âme



Encore une autre nuit à cultiver l'espoir, tel un "touareg" voulant faire pousser de l'herbe loin de son oasis. Je creuse et fouille dans les abysses de ma conscience à la recherche d'une trame pour me délivrer de toi. Je n'ai plus de ressources, tes sermons ont tarit mes sources. Tes propos ont fauché ma foi, je ne crois plus à rien, je suis las, j'attends et je contemple mon infortune. Pourtant, il y a encore quelque temps, du temps où j'avais encore quelques deniers, tu ne refusais point mes avances. Tu disais que la richesse était celle de l'âme! Dieu merci! Celle-là…personne ne me la prendra. Ce soir, j'ai voulu te couvrir de présents, cueillis dans le jardin de mon inspiration, mais à mon grand regret, tu n'as pas daigné les consacrer. Ma prose est mon exutoire, et ma verve mon argument. Si ce soir j'écris dans le désespoir, c'est que je ne sais guerre faire dans la fiction. Même si par un fécond hasard, je peux écrire une épopée de mon imagination.
Ces propos que je colporte, ne sont point une complainte. Mes amis, vous en êtes témoins. Si un jour, par la grâce de Dieu, il m'arrive de vous conter, je vous relaterai un temps où j'exaltais. Je vous raconterai l'histoire de ce pèlerin qui partit à la quête de son destin, chevauchant l'espoir comme monture et prenant la passion pour nourriture. Je vous raconterai… Je le jure!

En panne

La vérité? Et d'ailleurs, y a que la vérité qui compte! Je n'avais aucune envie d'écrire depuis quelques jours, depuis ce week-end, plus exactement. Je reste pendant des heures devant mon écran immaculé, je tape bien quelques phrases et les efface aussi tôt!
Pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque, surtout après tous les témoignages d'amitié que vous m'avez faits, à travers vos commentaires.
Je suis de nature sensible (enfin, c'est ce qu'on dit de moi!) et quand je suis à fleur de peau, comme c'est le cas ces jours-ci, je n'arrive pas à me concentrer sur l'écriture. Je ne veux pas écrire pour écrire, et je n'ai jamais constitué, comme on dit dans notre jargon, de "frigo", pour les jours maigres comme ceux-ci. Mais j'ai encore de la ressource, que je puise dans mes tribulations. Alors patience et merci pour votre soutien.

2 août 2005

Insomnie



Il est tard, je n'arrive pas à basculer de l'autre côté du miroir. L'insomnie s'invite à la célébration de ma solitude. l'obscurité du spleen aveugle mes sens, je radote comme un vieux vinyle le même refrain, tétanisé à l'idée que je ne suis plus qu'un simple vassal à la solde du dictat de l'indifférence. Mes amis, si vous voyez passer un quelconque marchand de rêves, dites-lui de me faire crédit de quelques illusions en guise de trêve. Car, de devise je n'en ai point, mes ressources sont parties avec mon entrain.

1 août 2005

Chimères

Image: Baudelaire peint par Courbet


Encore une nuit à crier ma douleur aphone, grisé par ton absence, Intoxiqué par tant d'indolence, fatigué de m'accrocher aux dentelles qui pendent de ton insouciance. Je zappe sur les ondes de mes souvenirs, aigri du peu de crédit que tu me prêtes, alors que je suis ton débiteur et qu'aucun trésor ne pourrait combler.
Encore une nuit à boire jusqu'à la lie, et voir dans le creux de mon verre défiler ma vie.
Encore une nuit à chercher refuge, dans les vers d'un autre débauché qu'on nomme le poète maudit!
Maudite soit la nuit où j'ai cherché ma muse, l'aurore qui suivit ne fut qu'une succession de visions boréales, aux antipodes de mes inspirations.
Maudit soit l'instant, ne fut-ce que la fraction d'un laps temps, qui me suggéra que tu aurais pu être cette douce moitié sur laquelle j'aurai pu poser mon âme pour l'éternité… Je suis fatigué!

Rafie…inassouvi

21 juillet 2005

Le boucher qui dîne avec des navets

Tout d'abords, désolé pour cette absence injustifiée de plus de 7 mois. Je suis un timide de nature, les idées me viennent la nuit, et pour le moment je n'ai pas encore de connexion internet chez-moi. Du coup, le lendemain, je n'ai plus autant de "peps" pour écrire ce qui m'a traversé la veille, je n'aime pas le réchauffé, surtout quand il s'agit de navets!
Ceci dit, je tâcherai d'être le plus discipliné et le plus régulier possible à l'avenir (conseil ;) )!
Il paraît que l'argent appelle l'argent! Je viens de le vérifier cette semaine à mon grand regret, moi qui n'arrive pas à joindre les deux bouts (même si je ne reste pas assis toute la journée!). En grandes pompes (toutes neuves) la LYDEC a fait son entrée en bourse ce lundi après un succès phénoménal lors de la souscription, et dire que tout le monde se plaint de ne pas avoir d'argent! Voilà qu'en deux séances le titre gagne plus 40% en deux jours! Quelle performance insolente!
Pourquoi je vous parle de ça? Et bien tout simplement parce que mon métier qui ne me permets pas de joindre les deux bouts consiste en fait, à suivre le marché boursier marocain et de commenter tous les jours à la télé les résultats des entreprises. Je savais que LYDEC allait faire un carton, d'ailleurs c'était un secret de polichinelle. Et le plus anecdotique dans tout cela, c'est que ce sont ces mêmes personnes qui se plaignent de ne pas avoir de liquidités qui se sont ruées vers l'or blanc! Maintenant, je ne vous cache pas que j'étais tenté d'emprunter un peu d'argent à très court terme, faire une opération spéculative, un aller-retour furtif, histoire de me faire un peu d'oseille pour pouvoir joindre au moins un des deux bouts, mais j'ai trouvé personne pour m'avancer les ingrédients de cette recette miracle! Alors je me suis contenté de m'identifier à l'adage marocaine qui dit: "Guezzar ou m'aachi belleft", traduisez pour les besoins de la mondialisation: "Boucher de son état, mais obligé de dîner avec des navets sans oseille en guise de Tagine".
Et comme dirait mon ami Salim: A demain, si vous le voulez bien!

22 décembre 2004

Mon premier post

J'ai entendu parler de blog et de weblog il y a maintenant quelques mois, lorsque je regardais une émission matinale sur une chaîne de télévision Française. L'engouement est aujourd'hui une réalité et les internautes anglo-saxons sont plus portés vers cette nouvelle forme de communication. Il y a même des entreprises et des hommes politiques qui utilisent ce nouveau concept pour fidéliser leur clientèle ou se rapprocher de leur électorat.
Pour ma part, et pour parodier Yves DUTEIL, je dirai que le clavier me démange chaque jour, alors je tape un p'tit peu ! Et le seul moyen de le faire sans avoir l'air de tourner dans le journal intime, secret et perso, c'est de blogger. C'est aussi un bon moyen d'exorciser mes angoisses... Et tant pis si je dérape, car aucune ligne éditoriale ne viendra me dicter ma conduite, puisque tout est permis ! A demain.