
Encore une autre nuit à cultiver l'espoir, tel un "touareg" voulant faire pousser de l'herbe loin de son oasis. Je creuse et fouille dans les abysses de ma conscience à la recherche d'une trame pour me délivrer de toi. Je n'ai plus de ressources, tes sermons ont tarit mes sources. Tes propos ont fauché ma foi, je ne crois plus à rien, je suis las, j'attends et je contemple mon infortune. Pourtant, il y a encore quelque temps, du temps où j'avais encore quelques deniers, tu ne refusais point mes avances. Tu disais que la richesse était celle de l'âme! Dieu merci! Celle-là…personne ne me la prendra. Ce soir, j'ai voulu te couvrir de présents, cueillis dans le jardin de mon inspiration, mais à mon grand regret, tu n'as pas daigné les consacrer. Ma prose est mon exutoire, et ma verve mon argument. Si ce soir j'écris dans le désespoir, c'est que je ne sais guerre faire dans la fiction. Même si par un fécond hasard, je peux écrire une épopée de mon imagination.
Ces propos que je colporte, ne sont point une complainte. Mes amis, vous en êtes témoins. Si un jour, par la grâce de Dieu, il m'arrive de vous conter, je vous relaterai un temps où j'exaltais. Je vous raconterai l'histoire de ce pèlerin qui partit à la quête de son destin, chevauchant l'espoir comme monture et prenant la passion pour nourriture. Je vous raconterai… Je le jure!




